Côtes-d'Armor Guingamp-Paimpol Agglomération
Damier de la Succise : Guingamp-Paimpol Agglo protège ce papillon rare
Le damier de la Succise, papillon en danger d'extinction en Bretagne, est suivi par Guingamp-Paimpol Agglomération sur le site Natura 2000 « Têtes de bassin du Blavet et de l'Hyères », entre Plourac'h et Saint-Nicolas-du-Pélem. Dans un article publié en 2024, l'intercommunalité présentait le rôle des agriculteurs dans la préservation de cette espèce.
Un site Natura 2000 animé par l'Agglomération
Au titre de sa compétence de soutien à la protection et à la valorisation des espaces naturels, Guingamp-Paimpol Agglomération est opérateur du site Natura 2000 « Têtes de bassin du Blavet et de l'Hyères ». Celui-ci s'étend de Plourac'h à Saint-Nicolas-du-Pélem. Les actions sont financées par la Région et par l'Europe (FEDER), et menées avec la Communauté de communes du Kreiz Breizh, dont dépendent 40 % du site.
Le site abrite le damier de la Succise, un papillon décrit comme en danger d'extinction en Bretagne. Avec les Monts d'Arrée, il constitue l'un des bastions de l'espèce dans la région.
Une espèce dépendante d'une seule plante
Le papillon pond presque exclusivement sur la succise des prés, dont se nourrissent les chenilles. Cette plante pousse dans des milieux pauvres en nutriments : landes à bruyères, certaines prairies humides, bords de chemins forestiers. Les prairies humides pauvres en éléments nutritifs sont particulièrement favorables, car elles offrent aussi des fleurs à butiner.
Cette dépendance fragilise l'espèce. Son déclin s'explique principalement par :
- l'arrêt de la fauche ou du pâturage, qui laisse place à des saulaies ou des boulaies ;
- le drainage des terrains ;
- la mise en culture ;
- l'apport d'engrais.
Le rôle des agriculteurs
Le site reste riche en prairies humides grâce aux pratiques agropastorales des exploitants, malgré leur faible rentabilité. L'Agglomération propose des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), un dispositif de la PAC. Le cahier des charges prévoit une fauche tardive, l'absence de pesticides et de fertilisation.
L'agriculteur David Le Bris s'est engagé en 2021 puis a renouvelé son contrat en 2023 pour cinq ans, sur 15 hectares. Sur les conseils du technicien de l'Agglomération, il espace ses fauches tous les deux à trois ans. Il perçoit environ 3 000 € par an de l'Union européenne et de l'État.
Un suivi chaque année
Guillaume Jouan, technicien biodiversité de l'Agglomération, prospecte chaque année de nouvelles prairies. Une quarantaine sont suivies depuis 2020. Chaque septembre, il compte les nids accrochés aux feuilles et aux tiges des succises. Les résultats varient fortement d'une année à l'autre, notamment en raison du climat. L'objectif fixé pour 2024 était de dépasser 600 nids, signe d'un bon état de conservation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le damier de la Succise ?
C'est un papillon rare, en danger d'extinction en Bretagne, dont les chenilles se nourrissent de la succise des prés.
Comment les agriculteurs participent-ils à sa protection ?
Ils peuvent s'engager dans des MAEC : fauche tardive, absence de pesticides et de fertilisation, avec une contrepartie financière.
Comment la population de papillons est-elle suivie ?
Le technicien de l'Agglomération compte chaque septembre les nids sur une quarantaine de prairies suivies depuis 2020.