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Écologie

SAGE Vilaine : la CLE adopte la révision, 45 voix contre 18

Le vendredi 16 octobre 2026, la commission locale de l'eau (CLE) du bassin de la Vilaine a adopté le projet de révision du SAGE Vilaine, par 45 voix pour et 18 contre. Le vote, initialement prévu le 24 septembre, avait été reporté à plusieurs reprises. Le texte doit maintenant être approuvé par arrêté préfectoral.

Un vote après près de cinq ans de procédure

Le SAGE (schéma d'aménagement et de gestion des eaux) découle de la loi sur l'eau de 1992. La CLE, parfois surnommée « parlement de l'eau », réunit des élus, des services de l'État, des acteurs économiques et des associations. Sa révision a été lancée à l'unanimité début 2022. Une consultation fin 2025 a recueilli plus de 3 500 avis, dont 55 % favorables.

Le 16 octobre 2026, le projet a obtenu 45 voix pour et 18 contre, soit 71,43 % des suffrages exprimés. La révision d'un SAGE exige une majorité des deux tiers. Selon Eau et Rivières de Bretagne, des centaines de personnes venues soutenir le SAGE attendaient à l'extérieur de la salle. Le même jour, Ludovic Brossard, vice-président de la CLE pendant la polémique, en a été élu président.

Un calendrier marqué par des blocages

  • Le 11 décembre 2025, une réunion de la CLE devant voter le règlement a été bloquée par des tracteurs des syndicats agricoles majoritaires.
  • Quelques semaines plus tard, le Premier ministre a annoncé un « moratoire sur l'eau ». Les services de l'État ont quitté les réunions de la CLE et ont revu le SAGE avec les chambres d'agriculture.
  • Au début de l'été 2026, de nouvelles exceptions ont été ajoutées à la règle 1, puis le vote a de nouveau été ajourné, au motif de la nouvelle loi d'urgence agricole.

La règle 1, la plus critiquée, concerne la limitation des herbicides de synthèse sur le maïs dans quatre aires d'alimentation de captages, soit environ 1,5 % du territoire.

Ce que prévoit le projet

  • Une protection renforcée des zones humides, dont la destruction serait interdite dès le premier mètre carré, sauf exceptions.
  • Une limitation de l'urbanisation en zones inondables.
  • Des mesures d'économie d'eau pour les usages domestiques et économiques.
  • Une règle protégeant l'espace de mobilité des cours d'eau et luttant contre les inondations, nouvelle par rapport au SAGE précédent.

Un bassin de 507 communes

Le bassin de la Vilaine, le plus grand fleuve côtier de Bretagne, couvre environ 11 000 km² et compte 1,3 million d'habitants, répartis sur 507 communes et six départements (principalement Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Atlantique et Côtes-d'Armor, ainsi que la Mayenne et le Maine-et-Loire). Selon l'association, seuls 8 % des cours d'eau sont en bon état, plus de 12 000 bâtiments sont situés en zone à risque et 72 % de l'eau potable provient des eaux de surface. Des micropolluants (pesticides, PFAS) sont présents dans presque tous les prélèvements.

Prochaine étape : l'arrêté préfectoral

Le SAGE doit être approuvé par un arrêté signé par les préfets concernés. La préfète de région a annoncé qu'elle le rédigerait en cohérence avec les décrets issus de la loi d'urgence agricole. Eau et Rivières de Bretagne, membre de la CLE depuis sa création, a voté pour le projet. L'association déplore des reculs, mais juge que sans nouveau SAGE le territoire resterait sous le précédent, moins ambitieux. Elle craint un nouvel affaiblissement du texte lors de l'approbation.

Questions fréquentes

Quel a été le résultat du vote du 16 octobre 2026 ?

La CLE a adopté le projet de SAGE Vilaine par 45 voix pour et 18 contre, soit 71,43 % des suffrages exprimés, au-dessus de la majorité des deux tiers requise.

Le SAGE Vilaine est-il déjà en vigueur ?

Pas encore d'après la source : il doit être approuvé par un arrêté signé par les préfets concernés.

Pourquoi la règle 1 est-elle contestée ?

Elle limite les herbicides de synthèse sur le maïs dans quatre aires d'alimentation de captages, soit environ 1,5 % du territoire. Elle a été critiquée par les syndicats agricoles majoritaires et a reçu de nouvelles exceptions au début de l'été 2026.

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